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Correction de la Prononciation: Textes à Enregistrer

 

Commentaires et suggestions  pour la correction des tâches de production orale  des étudiants du Campus Virtuel FLE

 

 La dernière classe (A.Daudet)

Ce matin-là j'étais très en retard pour aller à l'école, et j'avais grand-peur d'être grondé, d'autant que M. Hamel nous avait dit qu'il nous interrogerait sur les participes, et je n'en savais pas le premier mot. Un moment l'idée me vint de manquer la classe et de prendre ma course à travers champs.

Le temps était si chaud, si clair.

On entendait les merles siffler à la lisière du bois, et dans le pré Rippert derrière la scierie, les Prussiens qui faisaient l'exercice. Tout cela me tentait bien plus que la règle des participes; mais j'eus la force de résister, et je courus bien vite vers l'école.

En passant devant la mairie, je vis qu'il y avait du monde arrêté près du petit grillage aux affiches. Depuis deux ans, c'est de là que nous sont venues toutes les mauvaises nouvelles, les batailles perdues, les réquisitions, les ordres de commandature; et je pensai sans m'arrêter:

«Qu'est-ce qu'il y a encore?»

Alors, comme je traversais la place en courant, le forgeron Wachter, qui était là avec son apprenti en train de lire l'affiche, me cria:

--«Ne te dépêche pas tant, petit; tu y arriveras toujours assez tôt à ton école!»

Je crus qu'il se moquait de moi, et j'entrai tout essoufflé dans la petite cour de M. Hamel.



 

 La dernière classe (suite)

D'ordinaire, au commencement de la classe, il se faisait un grand tapage qu'on entendait jusque dans la rue, les pupitres ouverts, fermés, les leçons qu'on répétait très haut tous ensemble en se bouchant les oreilles pour mieux apprendre, et la grosse règle du maître qui tapait sur les tables:

«Un peu de silence!»

Je comptais sur tout ce train pour gagner mon banc sans être vu; mais justement ce jour-là tout était tranquille, comme un matin de dimanche. Par la fenêtre ouverte, je voyais mes camarades déjà rangés à leurs places, et M. Hamel, qui passait et repassait avec la terrible règle en fer sous le bras. Il fallut ouvrir la porte et entrer au milieu de ce grand calme. Vous pensez, si j'étais rouge et si j'avais peur!

Eh bien, non. M. Hamel me regarda sans colère et me dit très doucement:

«Va vite à ta place, mon petit Frantz; nous allions commencer sans toi.»

J'enjambai le banc et je m'assis tout de suite à mon pupitre. Alors seulement, un peu remis de ma frayeur, je remarquai que notre maître avait sa belle redingote verte, son jabot plissé fin et la calotte de soie noire brodée qu'il ne mettait que les jours d'inspection ou de distribution de prix. Du reste, toute la classe avait quelque chose d'extraordinaire et de solennel. Mais ce qui me surprit le plus, ce fut de voir au fond de la salle, sur les bancs qui restaient vides d'habitude, des gens du village assis et silencieux comme nous, le vieux Hauser avec son tricorne, l'ancien maire, l'ancien facteur, et puis d'autres personnes encore. Tout ce monde-là paraissait triste; et Hauser avait apporté un vieil abécédaire mangé aux bords qu'il tenait grand ouvert sur ses genoux, avec ses grosses lunettes posées en travers des pages.




 Albert Cohen (Emission Radio)

Paris, décembre 1995, lettre à Albert Cohen.

       Il y aura bientôt vingt ans, vous nous aviez reçu dans votre appartement de Genève. Vous apparaissiez tel Solal, votre légendaire robe de chambre de soie, fraternel, mais toujours sur la défensive, familier et théâtral, féroce mais émmouvant, iclonoclaste toujours. Vous égraigniez sans trêve votre chapelet de vieux sage oriental, vous qui étiez si  peu inclin à la sérénité. En cette semaine de janvier 1976, vous étiez malade et très las mais vous aviez accepté de nous accueillir quelques heures chaque après-midi. Votre femme aux cheveux coupés, votre humble servante, votre dernière et meilleure épousse -disiez-vous-  apportait furtivement le thé. Frêle et silencieuse silouhette, si tôt disparue. Cela vous était déconseillé, bien sûr, mais vous fumiez une cigarette en chachette, comme un petit garçon fautif. Vieil homme de dix ans, blanc, sur un rideau noir,  nous vous avons écouté, nous vous avons intérrogé aussi;  mais à quoi bon, vous esquiviez nos questions, vous dérobant, affleuré moucheté, cadenassé derrière votre humour carnassier, poursuivant ce monologue, qui était le vôtre depuis l'aventure obscure de vos dix ans. L'affreuse humilliation de votre enfance  qui vous avait révélé la cruauté et l'injustice du monde. Et Ariane était là, et Solal et Mangeclous. Entrelacés aux êtres éssentiels de votre vie, que vous évoquiez, les personnages de vos romans surgirent: Ariane, la belle du seigneur; Solal, le diable bon et aimant; Mangeclous, son double grimaçant ...
 
 



Ainsi parlait Zarathoustra

Lorsque Zarathoustra eut atteint sa trentième année, il quitta sa patrie et le lac de sa patrie et s'en alla dans la montagne. Là il jouit de son esprit et de sa solitude et ne s'en lassa point durant dix années. Mais enfin son coeur se transforma, - et un matin, se levant avec l'aurore, il s'avança devant le soleil et lui parla ainsi:

"O grand astre! Quel serait ton bonheur, si tu n'avais pas ceux que tu éclaires?

Depuis dix ans que tu viens vers ma caverne: tu te serais lassé de ta lumière et de ce chemin, sans moi, mon aigle et mon serpent.

Mais nous t'attendions chaque matin, nous te prenions ton superflu et nous t'en bénissions.

Voici! Je suis dégoûté de ma sagesse, comme l'abeille qui a amassé trop de miel. J'ai besoin de mains qui se tendent. Je voudrais donner et distribuer, jusqu'à ce que les sages parmi les hommes soient redevenus joyeux de leur folie, et les pauvres, heureux de leur richesse.

Voilà pourquoi je dois descendre dans les profondeurs, comme tu fais le soir quand tu vas derrière les mers, apportant ta clarté au-dessous du monde, ô astre débordant de richesse!

Je dois disparaître ainsi que toi, me coucher, comme disent les hommes vers qui je veux descendre.

Bénis-moi donc, oeil tranquille, qui peux voir sans envie un bonheur même sans mesure!

Bénis la coupe qui veut déborder, que l'eau toute dorée en découle, apportant partout le reflet de ta joie!

Vois! cette coupe veut se vider à nouveau et Zarathoustra veut redevenir homme."

Ainsi commença le déclin de Zarathoustra.
 
 
 



 

La femme du monde (Flaubert)

I. Tu ne me connais pas, frêle et chétive créature ; eh bien écoute.

II. Mon nom est maudit sur la terre ; pourtant le malheur, le désespoir, l'envie qui y dominent en tyrans m'appellent souvent à leur secours.

III. Je me réjouis dans les grandes cités et je dirige mes coups sur les peuples des villes.

IV. Pourtant je vais aussi chez le laboureur, je prends ses brebis dans son étable, je prends la chèvre qui broute sur la colline, le chamois qui bondit sur le rocher aigu ; je prends l'oiseau dans son vol, et le roi sur son trône.

V. Du jour où Adam et sa compagne furent chassés du paradis, moi, la fille de Satan, je me tins depuis ce temps à la face de tous les empires, de tous les siècles, de toutes les dynasties de rois, que je brisais sous mes pieds de squelette.

VI. En vain j'ai entendu des peuples dévorés par la peste crier après la vie, en vain j'ai vu des rois qui se cramponnaient à leur couronne, en vain j'ai vu les larmes d'une mère qui me demandait son enfant ; leur prière me semblait ridicule.

VII. Et je broyais avec avidité, sous mes dents, brillante jeunesse, empire puissant, siècles pleins de gloire et d'honneur, rois, empereurs ; j'effaçais leur blason, leur gloire, et, dans mes mains décharnées, je réduisais en poudre le sceptre doré aussi facilement que la houlette du pasteur.

VIII. J'aime à m'introduire dans le lit d'une jeune fille, à creuser lentement ses joues, à lui sucer le sang, à la saisir peu à peu et à la ravir à son amant, à ses parents qui pleurent et sanglotent sur cette pauvre rose si vite fanée.

IX. Alors je me réjouis sur son front encore blanc, je contemple ses lèvres ridées par la fièvre, j'entends avec plaisir le bourdonnement des mouches qui viennent autour de sa tête, comme signes de putréfaction.

X. Et je ris avidement en voyant les vers qui rampent sur son corps.

XI. J'aime à prendre place aux banquets royaux, aux gais repas champêtres ; je m'assieds sur la pourpre, je m'étends sur l'herbe, et mon doit glacé s'applique sur le front des seigneurs, sur le front du peuple.

XII. Souvent, en entendant les éclats de rire des enfants, en les voyant se parer de fleurs, je les ai emportés dans mes bras ; j'ai orné ma tête de leurs bouquets et j'ai ri comme eux ; mais, à ce son creux et sépulcral qui sortait de ma maigre poitrine, on reconnaissait que c'était une voix de fantôme.

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Texte à enregistrer: Stendhal, Le Rouge et le Noir, Chapitre I. Une petite ville


Stendhal, Le rouge et le noir, 1
TRAVAIL DE L'ÉTUDIANT http://twaud.io/3V7


La petite ville de Verrières peut passer pour l'une des plus jolies de la Franche-Comté. Ses maisons blanches avec leurs toits pointus de tuiles rouges s'étendent sur la pente d'une colline, dont des touffes de vigoureux châtaigniers marquent les moindres sinuosités. Le Doubs coule à quelques centaines de pieds au-dessous de ses fortifications, bâties jadis par les Espagnols, et maintenant ruinées.

Les passages suivants doivent être modifiés ( réflexion, écoute, nouveau enregistrement )

passer - toits - pointus - rouges - étendent - vigoureux - sinuosités - centaines - au-dessous - les Espagnols - maintenant

CONSIGNE:

passer: on ne prononce pas le R
toits: on ne prononce pas le T final
pointus: effort articulatoire pour la nasale et le son [y]
rouges: effort articulatoire du son "ge"
étendent: on ne prononce pas -ent à la fin
vigoureux: le son /OE/ plus arrondi
centaines: la voyelle nasale "en" plus marquée
les Espagnols: il faut faire la liaison et prononcer la consonne [z]
maintenant: plus d'effort articulatoire pour les deux voyelles nasales qui sont différentes
TEXTES À ENREGISTRER

Stendhal, Le Rouge et le Noir, Chapitre I. Une petite ville

"La petite ville de Verrières peut passer pour l'une des plus jolies de la Franche-Comté. Ses maisons blanches avec leurs toits pointus de tuiles rouges s'étendent sur la pente d'une colline, dont des touffes de vigoureux châtaigniers marquent les moindres sinuosités. Le Doubs coule à quelques centaines de pieds au-dessous de ses fortifications, bâties jadis par les Espagnols, et maintenant ruinées.

Verrières est abritée du côté du nord par une haute montagne, c'est une des branches du Jura. Les cimes brisées du Verra se couvrent de neige dès les premiers froids d'octobre. Un torrent, qui se précipite de la montagne, traverse Verrières avant de se jeter dans le Doubs, et donne le mouvement à un grand nombre de scies à bois; c'est une industrie fort simple et qui procure un certain bien-être à la majeure partie des habitants plus paysans que bourgeois. Ce ne sont pas cependant les scies à bois qui ont enrichi cette petite ville. C'est à la fabrique des toiles peintes, dites de Mulhouse, que l'on doit l'aisance générale qui, depuis la chute de Napoléon, a fait rebâtir les façades de presque toutes les maisons de Verrières."


Emile Zola, Germinal , Première partie- I, I

"Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d'une obscurité et d'une épaisseur d'encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n'avait la sensation de l'immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d'avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d'arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d'une jetée, au milieu de l'embrun aveuglant des ténèbres.
L'homme était parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d'un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. Un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux, le gênait beaucoup; et il le serrait contre ses flancs, tantôt d'un coude, tantôt de l'autre, pour glisser au fond de ses poches les deux mains à la fois, des mains gourdes que les lanières du vent d'est faisaient saigner. Une seule idée occupait sa tête vide d'ouvrier sans travail et sans gîte, l'espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait ainsi, lorsque sur la gauche à deux kilomètres de Montsou, il aperçut des feux rouges, trois brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus. D'abord, il hésita, pris de crainte; puis, il ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains."

Albert Camus - L'étranger

Le ciel était déjà plein de soleil. Il commençait à peser sur la terre et la chaleur augmentait rapidement. Je ne sais pas pourquoi nous avons attendu assez longtemps avant de nous mettre en marche. J'avais chaud sous mes vêtements sombres. Le petit vieux, qui s' était recouvert, a de nouveau ôté son chapeau. Je m'étais un peu tourné de son côté, et je le regardais lorsque le directeur m'a parlé de lui. Il m'a dit que souvent ma mère et M. Ferez allaient se promener le soir jusqu'au village, accompagnés d'une infirmière. Je regardais la campagne autour de moi. A travers les lignes de cyprès qui menaient aux collines près du ciel, cette terre rousse et verte, ces maisons rares et bien dessinées, je comprenais maman. Le soir, dans ce pays, devait être comme une trêve mélancolique. Aujourd'hui, le soleil débordant qui faisait tressaillir le paysage le rendait inhumain et déprimant.

Nous nous sommes mis en marche. C'est à ce moment que je me suis aperçu que Perez claudiquait légèrement. La voiture, peu à peu, prenait de la vitesse et le vieillard perdait du terrain. L'un des hommes qui entouraient la voiture s'était laissé dépasser aussi et marchait maintenant à mon niveau.
J'étais surpris de la rapidité avec laquelle le soleil montait dans le ciel. Je me suis aperçu qu'il y avait déjà longtemps que la campagne bourdonnait du chant des insectes et de crépitements d'herbe.


Zarathoustra


Zarathoustra descendit seul des montagnes, et il ne rencontra personne. Mais lorsqu'il arriva dans les bois, soudain se dressa devant lui un vieillard qui avait quitté sa sainte chaumière pour chercher des racines dans la fôret. Et ainsi parla le vieillard et il dit à Zarathoustra:
"Il ne m'est pas inconnu, ce voyageur; voilà bien des années qu'il passa par ici. Il s'appelait Zarathoustra, mais il s'est transformé.

Tu portais alors ta cendre à la montagne; veux-tu aujourd'hui porter ton feu dans la vallée? Ne crains-tu pas le châtiment des incendiaires?
Oui, je reconnais Zarathoustra. Son oeil est limpide et sur sa lèvre ne se creuse aucun pli de dégoût. Ne s'avance-t-il pas comme un danseur?
Zarathoustra s'est transformé, Zarathoustra s'est fait enfant, Zarathoustra s'est éveillé: que vas-tu faire maintenant auprès de ceux qui dorment?
Tu vivais dans la solitude comme dans la mer et la mer te portait. Malheur à toi, tu veux donc atterrir? Malheur à toi, tu veux de nouveau traîner toi-même ton corps?"

Zarathoustra répondit: "J'aime les hommes."
"Pourquoi donc, dit le sage, suis-je allé dans les bois et dans la solitude? N'était-ce pas parce que j'aimais trop les hommes?
Maintenant j'aime Dieu: je n'aime point les hommes. L'homme est pour moi une chose trop imparfaite. L'amour de l'homme me tuerait."
Ici tu trouveras la correction de toutes tes léctures,Stendhal:http://twaud.io/SX0, Emile Zola:http://twaud.io/SX6, Albert Camus:http://twaud.io/SXW, Zarathoustra:http://twaud.io/SXX
Mon espace de travail est:http://twaud.io/users/irmatissa
Zarathoustra


Zarathoustra descendit seul des montagnes, et il ne rencontra personne. Mais lorsqu'il arriva dans les bois, soudain se dressa devant lui un vieillard qui avait quitté sa sainte chaumière pour chercher des racines dans la forêt. Et ainsi parla le vieillard et il dit à Zarathoustra:
"Il ne m'est pas inconnu, ce voyageur; voilà bien des années qu'il passa par ici. Il s'appelait Zarathoustra, mais il s'est transformé.

Tu portais alors ta cendre à la montagne; veux-tu aujourd'hui porter ton feu dans la vallée? Ne crains-tu pas le châtiment des incendiaires?
Oui, je reconnais Zarathoustra. Son oeil est limpide et sur sa lèvre ne se creuse aucun pli de dégoût. Ne s'avance-t-il pas comme un danseur?
Zarathoustra s'est transformé, Zarathoustra s'est fait enfant, Zarathoustra s'est éveillé: que vas-tu faire maintenant auprès de ceux qui dorment?
Tu vivais dans la solitude comme dans la mer et la mer te portait. Malheur à toi, tu veux donc atterrir? Malheur à toi, tu veux de nouveau traîner toi-même ton corps?"

Zarathoustra répondit: "J'aime les hommes."
"Pourquoi donc, dit le sage, suis-je allé dans les bois et dans la solitude? N'était-ce pas parce que j'aimais trop les hommes?
Maintenant j'aime Dieu: je n'aime point les hommes. L'homme est pour moi une chose trop imparfaite. L'amour de l'homme me tuerait."

Zarathoustra 2
On dit son oeil et non son noël
aucun pli et non aucune pli
le t de dégoût de se prononce pas
s'est éveillé et non s'est éveilé
s'est fait enfant: faire la liaison
répondit et non respondit
Dieu et non vieux
chose imparfaite et non chose imparfait

Zarathoustra1
descendit et non descendait
ne pas faire de liaison entre : et il ne rencontra
un vieillard et non un vieilar
le r de chercher ne se prononce pas
le voyageur et non vojageur
cendre et non céndré: parce que les e ne sont pas accentués

trouve ici mon enregistrement:http://twaud.io/S0l
Écouter attentivement la correction: http://twaud.io/SC0
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Albert Camus - L'étranger

Le ciel était déjà plein de soleil. Il commençait à peser sur la terre et la chaleur augmentait rapidement. Je ne sais pas pourquoi nous avons attendu assez longtemps avant de nous mettre en marche. J'avais chaud sous mes vêtements sombres. Le petit vieux, qui s’était recouvert, a de nouveau ôté son chapeau. Je m'étais un peu tourné de son côté, et je le regardais lorsque le directeur m'a parlé de lui. Il m'a dit que souvent ma mère et M. Ferez allaient se promener le soir jusqu'au village, accompagnés d'une infirmière. Je regardais la campagne autour de moi. A travers les lignes de cyprès qui menaient aux collines près du ciel, cette terre rousse et verte, ces maisons rares et bien dessinées, je comprenais maman. Le soir, dans ce pays, devait être comme une trêve mélancolique. Aujourd'hui, le soleil débordant qui faisait tressaillir le paysage le rendait inhumain et déprimant.

Nous nous sommes mis en marche. C'est à ce moment que je me suis aperçu que Perez claudiquait légèrement. La voiture, peu à peu, prenait de la vitesse et le vieillard perdait du terrain. L'un des hommes qui entouraient la voiture s'était laissé dépasser aussi et marchait maintenant à mon niveau.
J'étais surpris de la rapidité avec laquelle le soleil montait dans le ciel. Je me suis aperçu qu'il y avait déjà longtemps que la campagne bourdonnait du chant des insectes et de crépitements d'herbe.

Albert Camus Létranger 1.
à peser, le r final de peser ne se prononce pas
sombres et non sombrés
coté et non cote ( lorsque le e est accentué, il se prononce é
rapidement et non rapidemente
soleil et non solel
Je et non Dje
souvent et non zouvent
verte et non verde
pays et non payitressaillir et non tresselir
faire la liaison entre: nous avons attendu,je m'étais un peu tournéqui menaient aux collines,devait être


Albert Camus: L'étranger 2

légérement et non légéremente
la voiture et non la boiture
vieillard et non vielar
l'un et non lune
le r de depasser ne se prononce pas
la campagne et non la campanador
bourdonnait et non donnait
faire la liaison entre:c'est à ce moment, je me suis aperçu, l'un des hommes, des insectes.
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Emile Zola, Germinal , Première partie- I, I

"Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d'une obscurité et d'une épaisseur d'encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n'avait la sensation de l'immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d'avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d'arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d'une jetée, au milieu de l'embrun aveuglant des ténèbres.
L'homme était parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d'un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. Un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux, le gênait beaucoup; et il le serrait contre ses flancs, tantôt d'un coude, tantôt de l'autre, pour glisser au fond de ses poches les deux mains à la fois, des mains gourdes que les lanières du vent d'est faisaient saigner. Une seule idée occupait sa tête vide d'ouvrier sans travail et sans gîte, l'espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait ainsi, lorsque sur la gauche à deux kilomètres de Montsou, il aperçut des feux rouges, trois brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus. D'abord, il hésita, pris de crainte; puis, il ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains."

Zola germinal 1

le e de encre n'est pas accentué, il est muet, on dira alors encre et non encré
le s de rase se prononce comme un z et non race
sans étoile, il faut faire la liaison
le t final de droit ne se prononce pas
merreraves et non metteravés
Voyait et non vojait
de l'immense et non de la immense
souffles et non soufflés
Mars et non mar
balayé et non balajé
terre nues et non terre nués
ténèbres et non ténèbré

Germinal 2

vers et non verse, le s ne se prononce pas.
Beaucoup et non vocou
ne pas faire la liaison ici avec (et il)
flancs et non flanque (le c ne se prononce pas)
vent et non vin
le r final des verbes à l'infinitif comme glisser saigner lever ne se prononcen pas
d'ouvrier et non d'ouvrière
Travail et non travel
Gîte et non guite
Gauche et non roche

Pour écouter certaines prononciation je te laisse ici mon enregistrement: http://twaud.io/S0Z
Écouter attentivement la correction ici : http://twaud.io/SBt
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Stendhal, Le Rouge et le Noir, Chapitre I. Une petite ville

"La petite ville de Verrières peut passer pour l'une des plus jolies de la Franche-Comté. Ses maisons blanches avec leurs toits pointus de tuiles rouges s'étendent sur la pente d'une colline, dont des touffes de vigoureux châtaigniers marquent les moindres sinuosités. Le Doubs coule à quelques centaines de pieds au-dessous de ses fortifications, bâties jadis par les Espagnols, et maintenant ruinées.

Verrières est abritée du côté du nord par une haute montagne, c'est une des branches du Jura. Les cimes brisées du Verra se couvrent de neige dès les premiers froids d'octobre. Un torrent, qui se précipite de la montagne, traverse Verrières avant de se jeter dans le Doubs, et donne le mouvement à un grand nombre de scies à bois; c'est une industrie fort simple et qui procure un certain bien-être à la majeure partie des habitants plus paysans que bourgeois. Ce ne sont pas cependant les scies à bois qui ont enrichi cette petite ville. C'est à la fabrique des toiles peintes, dites de Mulhouse, que l'on doit l'aisance générale qui, depuis la chute de Napoléon, a fait rebâtir les façades de presque toutes les maisons de Verrières.

Sthendal rouge 2:
Tu dois prononcer montAgne et non montÉgne
Branche et non Vranche
Jura et non Djura
se couVRENT et non se couVRANT
octobrE et non octobrÉ
premIERS froids et non preMÌERES froids
un torrENT et non un torrENTE
Jeter et non DJEtere (le r ne se prononce pas)
donnE et non donné ( lorsque le e n'est pas accentué, il est muet)
mouvemENT et non mouveMENTE
SCIES se prononce comme (si) et non ziete
enriCHI et non enriQUI
peintE et non peintÉ
(ç) se prononce comme un (s) donc faÇAde et non faCHAde
touTES les maisons et non touT les maisons

Sthendal rouge1:
passer: le r ne se prononce pas
Toits: le t final ne se prononce pas
S'étendENT (ent ici se prononce come e muet)
vigoureux et non vigoureur
ChataAIgniers (ai ici se prononce comme é, et ont prononcerat tout le mot comme:chatéñie, et non chatéñiere)
Les Espagnols: il faut faire la liaison et le prononcer comme (lézespagnol)
CoulE et non coulÉ.
Je te laisse mon enregistrement de Sthendal rouge 1 et 2 ci-dessous pour l’écouter, clic sur http://twaud.io/S0q
Ecouter attentivement la correction: http://twaud.io/Sg6
mon espace de travail twaudio est: http://twaud.io/users/irmatissa


Albert Camus, L'Etranger, I, 2

En me réveillant, j'ai compris pourquoi mon patron avait l'air mécontent quand je lui ai demandé mes deux jours de congé : c'est aujourd'hui samedi. Je l'avais pour ainsi dire oublié, mais en me levant, cette idée m'est venue. Mon patron, tout naturellement, a pensé que j'aurais ainsi quatre jours de vacances avec mon dimanche et cela ne pouvait pas lui faire plaisir. Mais d'une part, ce n'est pas ma faute si on a enterré maman hier au lieu d'aujourd'hui et d'autre part, j'aurais eu mon samedi et mon dimanche de toute façon. Bien entendu, cela ne m'empêche pas de comprendre tout de même mon patron.

J'ai eu de la peine à me lever parce que j'étais fatigué de ma journée d'hier. Pendant que je me rasais, je me suis demandé ce que j'allais faire et j'ai décidé d'aller me baigner. J'ai pris le tram pour aller à l'établissement de bains du port. Là, j'ai plongé dans la passe. Il y avait beaucoup de jeunes gens. J'ai retrouvé dans l'eau Marie Cardona, une ancienne dactylo de mon bureau dont j'avais eu envie à l'époque. Elle aussi, je crois. Mais elle est partie peu après et nous n'avons pas eu le temps. Je l'ai aidée à monter sur une bouée et, dans ce mouvement, j'ai effleuré ses seins. J'étais encore dans l'eau quand elle était déjà à plat ventre sur la bouée. Elle s'est retournée vers moi. Elle avait les cheveux dans les yeux et elle riait. Je me suis hissé à côté d'elle sur la bouée. Il faisait bon et comme en plaisantant, j'ai laissé aller ma tête en arrière et je l'ai posée sur son ventre. Elle n'a rien dit et je suis resté ainsi. J'avais tout le ciel dans les yeux et il était bleu et doré. Sous ma nuque, je sentai le ventre de Marie battre doucement. Nous sommes restés longtemps sur la bouée, à moitié endormis. Quand le soleil est devenu trop fort, elle a plongé et je l'ai suivie. Je l'ai rattrapée, j'ai passé ma main autour de sa taille et nous avons nagé ensemble. Elle riait toujours. Sur le quai, pendant que nous nous séchions, elle m'a dit : "Je suis plus brune que vous." Je lui ai demandé si elle voulait venir au cinéma le soir. Elle a encore ri et m'a dit qu'elle avait envie de voir un film avec Fernandel. Quand nous nous sommes rhabillés, elle a eu l'air très surprise de me voir avec une cravate noire et elle m'a demandé si j'étais en deuil. Je lui ai dit que maman était morte. Comme elle voulait savoir depuis quand, j'ai répondu : "Depuis hier." Elle a eu un petit recul, mais n'a fait aucune remarque. J'ai eu envie de lui dire que ce n'était pas ma faute, mais je me suis arrêté parce que j'ai pensé que je l'avais déjà dit à mon patron. Cela ne signifiait rien. De toute façon, on est toujours un peu fautif.

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Guy de Maupassant, Le Horla

8 mai. - Quelle journée admirable ! J'ai passé toute la matinée étendu sur l'herbe, devant ma maison, sous l'énorme platane qui la couvre, l'abrite et l'ombrage tout entière. J'aime ce pays, et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines, qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air lui-même.

J'aime ma maison où j'ai grandi. De mes fenêtres, je vois la Seine qui coule, le long de mon jardin, derrière la route, presque chez moi, la grande et large Seine qui va de Rouen au Havre, couverte de bateaux qui passent.

A gauche, là-bas, Rouen, la vaste ville aux toits bleus, sous le peuple pointu des clochers gothiques. Ils sont innombrables, frêles ou larges, dominés par la flèche de fonte de la cathédrale, et pleins de cloches qui sonnent dans l'air bleu des belles matinées, jetant jusqu'à moi leur doux et lointain bourdonnement de fer, leur chant d'airain que la brise m'apporte, tantôt plus fort et tantôt plus affaibli, suivant qu'elle s'éveille ou s'assoupit.

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Un long dimanche de fiançailles
En 1919, Mathilde a 19 ans. Deux ans plus tôt, son fiancé Manech est parti sur le front de la Somme. Comme des millions d'autres, il est "mort au champ d'honneur". C'est écrit noir sur blanc sur l'avis officiel. Pourtant, Mathilde refuse d'admettre cette évidence. Si Manech était mort, elle le saurait ! Elle se raccroche à son intuition comme au dernier fil ténu qui la relierait encore à son amant.

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L'étranger - Chapitre IV

J'ai bien travaillé toute la semaine, Raymond est venu et m'a dit qu'il avait envoyé la lettre. Je suis allé au cinéma deux fois avec Emmanuel qui ne commprend pas toujours ce qui se passe sur l'écran. Il faut alors lui donner des explications. Hier, c'était samedi et Marie est venue, comme nous en étions convenus. J'ai eu très envie d'elle parce qu'elle avait une belle robe à raies rouges et blanches et des sandales de cuir. On devinait ses seins durs et le brun du soleil lui faisait un visage de fleur. Nous avons pris un autobus et nous sommes allés à quelques kilomètres d'Alger, sur une plage resserrée entre des rochers et bordée de roseaux du côté de la terre. Le soleil de quatre heures n'était pas trop chaud, mais l'eau était tiède, avec de petites vagues longues et paresseuses.

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A. Daudet, La Chèvre de M. Seguin
M. Seguin n’avait jamais eu de bonheur avec ses chèvres. Il les perdait toutes de la même façon; un beau matin, elles cassaient leur corde, s’en allaient dans la montagne, et là-haut le loup les mangeait. Ni les caresses de leur maître, ni la peur du loup, rien ne les retenait. C’étaient, paraît-il, des chèvres indépendantes, voulant à tout prix le grand air et la liberté. Le brave M. Seguin, qui ne comprenait rien au caractère de ses bêtes, était consterné. Il disait : « C’est fini ; les chèvres s’ennuient chez moi, je n’en garderai pas une. »

Blanquette se sentit perdue... Un moment, en se rappelant l’histoire de la vieille Renaude, qui s’était battue toute la nuit pour être mangée le matin, elle se dit qu’il vaudrait peut-être mieux se laisser manger tout de suite; puis, s’étant ravisée, elle tomba en garde, la tête basse et la corne en avant, comme une brave chèvre de M. Seguin qu’elle était... Non pas qu’elle eût l’espoir de tuer le loup – les chèvres ne tuent pas le loup – mais seulement pour voir si elle pourrait tenir aussi longtemps que la Renaude... Alors le monstre s’avança, et les petites cornes entrèrent en danse.
Guy de Maupassant 2.

Guy de Maupassant et non Gu de Maupassane, étendu et non atendu, J'aime ce pays et non J'aime ces pays, j'y ai mes racines et non j'y mi racine, qui attachent et non qui attaché , des villages et non des vilache.

Guy de Maupassant 2
jardin et non djardin, derrière la route, presque chez moi, large et non lardjé, le et non lé, de cloches qui sonnent et non qui sonnant .

Un long dimanchfiançailles

fiançailles et non fiancele, amant et non amante.

L'étranger - Chapitre IV

L'étranger et non l'étrangère, envoyer et non envodjé,plage et non plache.

Bravo Mercedes, de moins en moins tu fais de fautes!!!!!!!!!!!

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