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Baudelaire - La Vie antérieure
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Baudelaire (Laila).mp3

J'ai longtemps habité sous de vastes portiques
Que les soleils marins teignaient de mille feux,
Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.


Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d'une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux.


C'est là que j'ai vécu dans les voluptés calmes,
Au milieu de l'azur, des vagues, des splendeurs
Et des esclaves nus, tout imprégnés d'odeurs,


Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,
Et dont l'unique soin était d'approfondir
Le secret douloureux qui me faisait languir.


Camus - Extrait de "L'Étranger"
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Camus 3.mp3

Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de l'asile: «Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués.» Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier.
L'asile de vieillards est à Marengo, à quatre-vingts kilomètres d'Alger. Je prendrai l'autobus à deux heures et j'arriverai dans l'après-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je rentrerai demain soir. J'ai demandé deux jours de congé à mon patron et il ne pouvait pas me les refuser avec une excuse pareille. Mais il n'avait pas l'air content. Je lui ai même dit : «Ce n'est pas de ma faute.»


J.M.G Le Clézio - Le Désert
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Le Clézio 2.mp3

Vivre au désert, ce n'est pas seulement devenir semblable à un monde dur, hostile, impitoyable. Cela, c'est la légende de l'homme bleu, guerrier indomptable, capable de survivre sur une terre où le taux d'hygrométrie est voisin de celui de la lune. Capable de reconnaître son chemin sans repères, en regardant le ciel et les étoiles, capable de distinguer un caillou à des distances vertigineuses. Un homme courageux, généreux et cruel comme le monde qu'il habite.
Vivre au désert, c'est aussi être sobre, apprendre à supporter la brûlure du soleil, à porter sa soif tout un jour, à survivre sans se plaindre aux fièvres et aux dysentries, apprendre à attendre, à manger après les autres, quand il ne reste plus sur l'os du mouton qu'un tendon et un bout de peau. Apprendre à vaincre sa peur, sa douleur, son égoïsme.
Mais c'est aussi apprendre la vie dans un des endroits les plus beaux et les plus intenses du monde, vaste comme la mer ou comme la banquise.
Un lieu où rien ne vous retient, où tout est nouveau chaque jour, comme l'aurore qui illumine les schistes, comme la chaleur qui brûle dès le matin jusqu'à la dernière seconde du jour. Un lieu où rien ne différencie la vie de la mort, parce qu'il suffit d'un écart, d'une inattention, ou simplement d'un accès de folie du vent surchauffé sur les pierres pour que la terre vous abandonne, vous recouvre, vous prenne dans son néant.

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Commentaire de adriencense celine le 24 mars 2009 à 13:47


Correction de Baudelaire, La vie antérieure
Tu ne fais qu'une seule faute de prononciation dans ce poème:
Tu dis "les houles" en faisant la liaison mais il ne faut pas la faire car le mot commence par un "h"

Correction de Camus "L'étranger"

Tu n'as pas fait de fautes de prononciation! bravo!!!

Correction de Le Clézio "Le désert"

Il manque la fin de ton audio... sinon dans le début du texte, tu oublies de faire quelques liaisons:
"c'est aussi être sobre" il faut dire "c'est aussi" en prononçant le "t" final à la fin de "c'est"
il faut également prononcer le "s" à la fin du mot "os" car il est au singulier, au pluriel il ne se prononce pas

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