Echanges Campus FLE Education

Communication - Collaboration - Projets interculturels

Vendredi ou la vie sauvage - Tâches Orales

ETAPE 1: Ecoutez:  Ecoutez l'émission    La Solitude 1/4: Seul sur le sable avec Robinson Crusoé - France Culture 

A l'occasion d'une semaine consacrée à la solitude, Adèle Van Reeth reçoit Jean-Pierre Zarader à propos de la solitude de Robinson dans l'oeuvre de Michel Tournier.

Extraits:
- Michel Tournier lisant Vendredi ou la Vie sauvage
- Image à Crusoé, Louis Durey
- Robinson Crusoé, Fred Viola

Lectures:
 - Gilles Deleuze, postface de Vendredi ou les Limbes du pacifique
 - Michel Tournier, Vendredi ou la vie sauvage (1971).
 - Michel Tournier, Vendredi ou les Limbes du pacifique (1967)

 

ECOUTEZ - Podcast: Zarader - Tournier: Vendredi ou la vie sauvage

Source: JP Zarader parle du Robinson de Tournier sur France Culture

 

ETAPE 2: Préparation d'un exposé ORAL, à partir des fiches et activités pédagogiques sélectionnées par les étudiants.

ETAPE 3: Production orale

- Enregistrez vos textes / travaux  à l'aide d'un magnétophone web ou logiciel
- Déposez les enregistrements et  textes / travaux dans l'espace Commentaires.

- Indiquez le lien audio ou envoyez le fichier mp3 en utilisant la fonction: Télécharger un fichier


DOSSIER PÉDAGOGIQUE: Vendredi ou la vie sauvage, Michel Tournier

http://www.cercle-enseignement.com/College/Cinquieme/Fiches-pedagog...

Six fiches proposent d’analyser un récit où sont exploités les topoï de la littérature : le thème de la tempête, celui de la vie sauvage, mais aussi une réflexion sur l’opposition entre nature et culture. L’étude de ce roman peut être une bonne introduction aux récits des grandes découvertes puisqu’il en pose déjà les problématiques. Les fiches tenteront d’exploiter les grands motifs afin de montrer l’originalité de traitement de Michel Tournier, notamment en comparant avec d’autres textes. La lecture conduira à l’écriture, à la poésie du texte.

Thèmes du livre : Amitié, Aventure, Différence, Ile, Nature
Activités proposées dans la fiche : lecture, vocabulaire, grammaire, expression écrite
Nombre de pages de la fiche : 17
Nombre de fiches élèves : 6

 

DOSSIER AUDIOVISUEL

Michel Tournier Audiovisuel - Campus FLE Education

LITTÉRATURE FRANÇAISE AUDIO / VIDEO: MICHEL TOURNIER

 

GRILLE MÉTHODOLOGIQUE

1. CONTEXTE PÉDAGOGIQUE 

Lieu / support / canal  salle d'ordinateurs / Web / Réseau social / Campus Virtuel
Relation pédagogique  en présentiel ou à distance  /en autonomie / tâche pédagogique dirigée 
Niveau de langue  niveau avancé 
Type d'activité  Tâche orale: TCO - TPO 
Tutorat / Autocorrection  à distance (voie réseau social éducatif)
ou en présentiel: accompagnement, correction et évaluation par l'enseignant ou tuteur

2. OBJECTIFS PÉDAGOGIQUES 

COMPÉTENCES COMMUNICATIVES LANGAGIÈRES
COMPÉTENCES LINGUISTIQUES

Compréhension orale 

Ecoute des séquences audio - Podcasts Radio
Compréhension écrite Lecture de la documentation pédagogique
Production orale Enregistrement du travail/exposé, via magnétophone web
Production écrite Rédaction du travail/exposé

3. PROCESSUS

 Voir:   CONSIGNE :  ETAPES 1 à 3

4. PISTES ET CONSEILS

Voir:  - DOSSIER PÉDAGOGIQUE

         - DOSSIER AUDIOVISUEL

5. RÉSULTATS

Les étudiants déposent leurs enregistrements AUDIO et textes/travaux

dans l'espace "Commentaires" du Blog /Réseau social;  en indiquant les liens vers leurs podcasts. Possibilité d'une mise en commun ou débat, en presentiel ou à distance (envoi des travaux dans un blog / réseau social).

 

 

Vues : 6350

Balises : Orale, Tournier, Tâche, Vendredi, la, ou, sauvage, vie

Commenter

Vous devez être membre de Echanges Campus FLE Education pour ajouter des commentaires !

Rejoindre Echanges Campus FLE Education

Commentaire de Zoé Brustel le 25 décembre 2012 à 20:38
VENDREDI OU LES LIMBES DU PACIFIQUE
Michel Tournier


Résumé et analyse de Vendredi ou Les Limbes du Pacifique - Lettres Angevines

RESUME DE L'OEUVRE

  • Préambule : Le capitaine Pieter Van Deyssel tire les cartes du tarot pour Robinson et lui annonce une succession de métamorphoses :
    • le Démiurge, organisateur;
    • l'Hermite succède au Guerrier
    • apparition de Vénus
    • métamorphose de Vénus en Sagittaire,chaos,Saturne
    • apparition des Gémeaux "attachés par le cou aux pieds de l'Ange bisexué"
    • la cité du Soleil (« Deux enfants se tiennent par la main devant un mur qui symbolise la Cité solaire. Le dieu-soleil occupe tout le haut de cette lame qui lui est dédiée. Dans la Cité solaire -suspendue entre le temps et l'éternité, entre la vie et la mort- les habitants sont revêtus d'innocence enfantine, ayant accédé à la sexualité solaire qui, plus encore qu'androgynique, est circulaire. Un serpent se mordant la queue est la figure de cette érotique close sur elle-même, sans perte ni bavure. C'est le zénith de la perfection humaine, infiniment difficile à conquérir, plus difficile encore à garder. »)
    • Le Capricorne , c'est-à-dire le danger de mort
    • auquel succède Jupiter, le "dieu du ciel" qui « s'incarne dans un enfant d'or, issu des entrailles de la terre - comme une pépite arrachée à la mine - , qui vous rend les clés de la Cité solaire » .

    Cet exposé se passe pendant une tempête où il ne reste qu'une chose à faire, c'est laisser filer le bateau. Mais le naufrage survient brutalement

  • Ch.1 : Robinson se réveille sur la grève de Spéranza (c'est ainsi qu'il appellera son île au chapitre 3) : les débris sur la grève, la carcasse de la Virginie, le bateau échouée sur la barrière de récifs, lui rappellent la tempête et le naufrage. Il explore l'île, tue un bouc sauvage et finit par trouver un sommet d'où il peut découvrir l'ensemble de l'île : manifestement elle est inhabitée. Robinson traîne des jours indéterminés, sans véritable ressort, dans l'espoir du passage d'un bateau, obsédé par l'image qu'il découvre de l'île « d'un oeil immense, bleu et humide, scrutant les profondeurs du ciel.» . Il finit cependant par se mettre à construire un bateau pour échapper à l'île et pour ce faire se rend sur la Virginie où il récupère de la poudre, des biscuits, une longue-vue, des armes, des outils, des tissus et une bible.
  • Ch.2 : Robinson entreprend studieusement la construction de son embarcation et retrouvant des méthodes ancestrales de fabrication en l'absence de vis et de clous. Les averses qui surgissent permettent à Robinson de faire la découverte de son rapport avec la civilisation par le biais de la nudité. Il prend soudain conscience et de sa solitude et de son sentiment d'abandon (voir page 30 ). Apparition de Tenn, le chien de la Virginie, hostile à Robinson. Progression de la construction du bateau baptisé L'Evasion : alors que Robinson aurait bien besoin d'une scie, certains crabes gigantesque en sont naturellement pourvus. De même, la construction de l'Evasion a été calquée inconsciemment sur celle de l'Arche de Noé. Du coup l'Evasion n'est qu'un symbole de son désir de quitter l'île.Mais ce désir n'a pas été adapté à la réalité et l'évasion devient impossible ! Robinson connaît alors une période de découragement qui le conduit à la souille. Dans ce marécage boueux, où se vautrent une laie et ses marcassins sauvages, il perd son corps et erre au milieu de son passé. Il s'associe à son père, drapier, et prend conscience de "ses propres facultés de repliement sur lui-même et de démission en face du monde extérieur" en ne vivant le présent que comme un élément à conforter le passé.(voir page 39). Dans cet état, il devient la proie d'hallucinations qui le poussent à mettre le feu à son signal, l'eucalyptus. Symboliquement il reprend pied sur Speranza pour la deuxième (et dernière) fois. Il tourne donc le dos à la mer pour "consommer sans plus rêver ses noces avec son épouse implacable, la solitude".
  • Ch. 3 : la naissance du démiurge.Exploration de l'île , dénombrement des végétaux comestibles, des animaux utiles, des points d'eau, des abris naturels. Constitution d'un "dépôt général" dans une grotte. Il récupère tout ce qu'il peut dans l'épave et se prépare à tenir avec ingéniosité son journal. Naissance dès lors d'une ère nouvelle où, "arraché à l'abîme de bestialité", il fait "sa rentrée dans le monde de l'esprit".Après avoir dressé une carte de l'île -une forme fémine-, il change son nom d' «île de la Désolation » en Spéranza (précaution superstitieuse issue de sa lecture de la Bible et souvenir d'une Italienne connue à York). Il entreprend de mettre l'île en valeur en plantant et en récoltant ses premières moissons de blé, d'orge et de maïs. Puis il passe à la l'élevage de chevres. [« Comme l'humanité de jadis, il était passé du stade de la cueillette et de la chasse à celui de l'agriculture et de l'élevage]. Pourtant l'île semble lui être hostile, voire ironique et présente un spectacle parfois affligeant qui entraîne Robinson à se laisser aller une fois encore dans la souille pour y renouer avec son enfance en famille près de sa soeur Lucy.[Debut du Log-book par une méditation sur la notion de la vertu et du vice en rapport avec la situation : il n'est donc pas de morale intangible, pas plus pour le christiasme : le triomphe de la déchéance de Robinson passe, à ses yeux, par l'acceptation de l'île].Il se fabrique un esquif avec lequel il découvre la joie de la navigation et de la réussite.[Log-book : constat de déshumanisation de Robinson dans la mesure où l'échelle de l'humain lui vient d'autrui; mieux, les autres "constituent des points de vue possibles qui ajoutent au point de vue réel de l'observateur d'indispensables virtualités" p.53]. Découverte par Robinson de l'empreinte de son propre pied dans la roche même ( « Il ne pouvait y avoir de confusion, ce cachet séculaire &emdash;celui du pied d'Adam prenant possession du Jardin, celui de Vénus sortant des euax&emdash; c'était aussi la signature personnelle inimitable de Robinson, imprimée dans la roche même, et donc indélébile, éternelle. Speranza &emdash;comme une de ces vaches à demi sauvages de la prairie argentine, marquées pourant au fer rouge&emdash; portait désormais le sceau de son Seigneur et Maître »). La culture de l'orge et du blé prospère et bientôt commencent les moissons au sabre, puis le vannage du grain. La première récolte est mise de côté [explication du Log-book : soudain Robinson a conçu la nécessité de lutter contre le temps, et de l'emprisonner. La conservation de cette première récolte est un acte d'avenir et met en évidence le processus de thésaurisation].Robinson s'adapte à Speranza dont il tire de plus en plus de substance et, un beau jour, le trouvant sans doute humanisé, le chien Tenn lui saute au cou . Vient alors, l'animal rappelant à Robinson que domestique parle de maison, la construction d'une maison sorte de musée de l'humain où il se vêt, et où il installe une clepsydre. Ainsi Robinson a-t-il le sentiment de métamorphoser ce monde maléfique et mystérieux de Spéranza en un monde intelligible parce que transparent et abstrait.Interrogation dans le Log-book sur le langage et la pensée et la notion curieuse de profondeur prêtée aux choses, puis construction d'un Conservatoire des Poids et Mesures.
  • Ch. 4 Robinson organise la vie de Speranza en se faisant législateur. C'est alors qu'il assiste à une cérémonie religieuse : des Indiens ont débarqué sur l'île pour trouver en leur sein un bouc émissaire et le sacrifier en victime expiatoire. Intense activité militaire de Robinson après cette incartade des Indiens sur son île qu'il fortifie. Cela ébranle son sens religieux fondé sur l'Evangile. Une nouvelle récolte de céréales, abondante, lui permet de faire du pain , expérience qui le ramène en arrière dans cette communauté humaine perdue. Le pain est aussi un moyen pour Robinson d'analyser ses rapports avec son désir d'enfant de devenir boulanger [«je ne concevais rien de plus onctueux ni de plus accueillant que ce grand corps sans tête, tiède et lascif, qui s'abandonnait au fond du pétrin aux étreintes d'un homme à demi nu» p. 81]. Ainsi, toute cette activité est comme la construction d'un cocon d'où naîtra l'homme nouveau destiné à naître plus tard. Pour l'heure, ce monde sauvage lui reste encore difficile à accepter même si Robinson peu à peu trouve un bonheur dans le silence de Spéranza. Des rats surgissent et menacent les réserves de Robinson: en provoquant une lutte entre deux espèces ennemis, Robinson se débarrasse des rats noirs.Log-book : réflexion sur le je. «je m'exerce à cette opération qui consiste à arracher de moi successivement les uns après les autres tous mes attributs&emdash;je dis bien tous&emdash;comme les pelures successives d'un oignon.». Robinson médite sur son image, qu'il n'a jamais aimée, mais peu à peu il apprend à se regarder (dans un miroir mais c'est aussi le complément du regard qui plonge en soi) et découvre un visage qui ressortit à «l'Ancien Testament et à sa justice sommaire» (p.90), figé par l'absence de semblable. C'est alors qu'il découvre que Tenn pouvait , par son "sourire", remplacer ses semblables ...Un jour, Robinson découvre que l'île, en échappant au carcan rigoureusement encadré par le temps, peut lui procurer tout de même un immense bonheur et de cette expérience fortuite, il tire une habitude consistant à suspendre de temps en temps ce carcan. Robinson fait, dans son Log-book, une réflexion sur la connaissance : d'une part, on connaît par autrui, et d'autre part, on connaît par soi-même. Dans l'approche de la connaissance par soi-même, il faut d'abord admettre l'existence des objets comme liée à une conscience individuelle de mon moi qui se révèle d'ailleurs dans la perception des choses. Il en vient à l'idée qu'un sujet est un objet disqualifié, c'est-à-dire dont on s'est éloigné. Dès lors, dans la mesure où il serait un sujet, il serait le sujet de Speranza, donc son "excrément personnel".
  • Ch. 5. Robinson découvre une issue qui lui permet d'entrer au coeur de Spéranza. "Entouré de galettes de maïs et de pichets de lait de chèvre", il entreprend une quête "nucléaire" de Spéranza, par son foyer, jusqu'à ce qu'il découvre plus profond, mieux, une sorte de niche révélée par l'entrée du soleil dans la grotte tellurique : «Les deux regards s'étaient heurtés, le regard lumineux et le regard ténébreux. Une flèche solaire avait percé l'âme tellurique de Speranza". Or, dans ce recoin de la grotte, Robinson va s'introduire en s'enduisant le corps de lait et en position foetale. De surcroît l'intérieur de la grotte est un véritable utérus. Cependant, Robinson sent qu'il peut basculer vers la mort ou vers la vie et finalement opte pour la vie en sortant de la crypte. A son arrivée à l'extérieur, une «épée de feu le frappa soudain au visage». Dehors, il se sent honteux, tout nu et tout blanc, et , «son sexe humilié avait fondu». Dans son Log-book, il s'interroge sur le sens moral de cette alvéole, de cette crypte : il lui semble qu'elle le rapproche de la rigueur morale de sa mère tandis que la souille évoque la tendresse, et donc pour lui une valeur morbide, de sa soeur.Finalement, il se persuade que la grotte est le «retour vers l'innocence perdue que chaque homme pleure secrètement». D'une certaine manière, l'expérience de la grotte est métaphysique puisqu'elle associe des points cardinaux : la terre et le soleil, le passé et le futur, la vie et la mort, «l'au-delà et l'en-deçà de la vie» comme le dite Robinson. Cependant, une autre étape arrive : Speranza s'épuise semble-t-il à nourir Robinson en son sein : les récoltes dépérissent. Et Robinson lui-même devient adulte : il connaît les premières éjaculations. Il est temps d'assumer ce qu'il est, un homme («J'y trouvais, certes, la paix et l'allégresse, mais j'écrasais de mon poids d'homme ma terre nourricière. Enceinte de moi-même, Speranza ne pouvait plus produire, comme le flux menstruel se tarit chez la future mère.». Episode humoristique de Robinson, buvant à une nouvelle source comme un nouveau né, symbolisant encore une parole biblique. Mais il se détourne de cette sexualité de l'enfant pour explorer, après observation des moeurs d'un huménoptère, une sexualité "végétale" dans les branches d'un quillai. Ce bonheur se termina par la morsure d'une araignée tachetée de rouge qui acheva de le crucifier sur «son étrange croix d'amour» : comble de l'ironie, Robinson qui rêvait d'une "humanité nouvelle" qui porterait sur sa tête ses attributs sexuels énormes a été piqué par une araignée et son sexe devient comme un fruit, comparé qu'il est à une mandarine. Maladie de jeunesse, fréquentation douteuse ? C'est en tout cas ce qui est suggéré en faisant allusion au "mal des Français"...
  • Ch. 6. La rizière : Robinson met en route une rizière sur Speranza. En même temps, le problème de sa solitude surgit de plus en plus nettement à travers l'abondance de ses récoltes et de ses réserves. Ainsi naît peu à peu en lui le sentiment de la vanité de son entreprise d'administration de l'île. En même temps, il se rendait compte d'un chaos en lui, qui devait donner naissance à un homme nouveau, protégé en attendant par cette administration de l'île. Dans un délire de sensations et de sentiments, accompagné par le sentiment d'une sorte d'hymne épique de la nature à son égard, il épousa Speranza dans une combe, une combe rose qui évoqua soudain en lui le mot de Lombes.Dans le log-book, Robinson réfléchit à l'existence et à la preuve de Dieu en réalisant qu'exister consiste à être dehors. En d'autres termes, ce qui compte dans l'existence, c'est ce qui est hors de soi alors que ce qui est en soi n'existe pas.Or, c'est cette intériorité qui prétend se faire passer pour existence, comme dans le rêve. De même,Robinson s'aperçoit que, considéré comme mort pour les autres, il est rejeté dans des limbes : «un lieu suspendu entre ciel et enfers (...) Speranza ou les limbes du Pacifique».Mais, cette situation exceptionnelle, privilégiée lui permet de comprendre l'intime relation entre le sexe et la mort.

 

UNE APPROCHE DE L'OEUVRE

 Le fait que l'on reprenne une histoire pour l'écrire autrement est un phénomène qui nécessite qu'on s'interroge sur l'histoire-source et le mythe qu'elle a crée . Il me semble en effet difficile de parler de l'oeuvre de Tournier sans la comparer plus ou moins à l'oeuvre de Daniel Defoe.

  • Le titre .

Le Robinson Crusoë de Defoe a pour titre exact : «La Vie et les Aventures étranges et surprenantes de Robinson Crusoé, marin natif de York, qui vécut vingt-huit ans tout seul sur une île déserte de la côte de l'Amérique près de l'embouchure du fleuve Orénoque, après avoir été jeté à la côte au cours d'un naufrage dont il fut le seul survivant et ce qui lui advint quand il fut mystérieusement délivré par des pirates.»

Celui de Tournier s'intitule : «Vendredi ou les limbes du Pacifique»

On le voit de manière évidente, si Vendredi et Pacifique nous renvoient à l'histoire de Defoe Tournier met l'accent sur Vendredi au lieu de Robinson. Quant au terme limbes, il évoque autre chose que l'île au sens concret de Defoe,il nous renvoie au sens des Romains et des Grecs. Dès lors, sa valeur est plus large, voire plus abstraite en désignant plus un ailleurs et prépare ainsi un glissement vers une dimension symbolique du roman.

Mais la différence la plus importante réside dans l'inversion que Tournier fait subir au titre de Defoe en remplaçant Robinson par Vendredi. Est-ce à dire que Robinson se transforme en Vendredi ? Ou que Robinson est, par nature, Vendredi ? Quoi qu'il en soit, il signifie par là l'importance de Vendredi, le sauvage, au détriment du civilisé Robinson. C'est donc bien déjà à une relecture du mythe de Robinson que Tournier nous invite à travers un entrelacs de symboles dont certains sont soigneusement mis en évidence.

  • Le préambule ou le prologue

 Curieusement, pour le lecteur moderne de Robinson Crusoé qui découvre une histoire qu'il connaît sans avoir jamais lu le livre auparavant, le livre de Defoe commence l'histoire de Robinson sur son île déserte après une assez longue série de péripéties qui visent à situer les malheurs de Robinson sur son île comme le résultat d'un endurcissement au mal et donc comme une sorte de punition du destin. Tournier,lui, concentre son histoire sur l'épisode le plus connu dans l'histoire de Crusoé, celui qui fonde le mythe. Mais, il le fait précéder d'un prologue qui fait office à la fois d'introduction et de mise en perspective symbolique de toute l'histoire. Robinson en effet est présenté par le capitaine Van Desseyl, de manière prémonitoire, selon les différents états sous lesquels il se métamorphosera. Cela a pour signification première d'avertir le lecteur que les mésaventures de Robinson Crusoé ont un sens quasiment fatal. C'est ensuite signifier que les différentes attitudes de Robinson dans sa vie sur son île, ses différents comportements, sont symboliques et représentent sans aucun doute un processus vers l'élaboration d'une histoire mythique de Robinson au sens où Tournier nous livre une histoire qui fonde les rapports de l'homme avec la Terre, avec le monde en récupérant nos peurs et nos angoisses les plus fondamentales.

Par la même occasion, Tournier situe son texte en présentant son personnage et les circonstances de son naufrage. Il se permet aussi , par le capitaine Van Deyssel, de poser un problème qui semble devoir irriguer toute son oeuvre : celui d'une morale adaptée à la réalité profonde de l'homme ("Vous êtes pieux, avare et pur" dit le capitaine au début, puis, plus loin, avant la catastrophe finale, "gardez-vous de la pureté. C'est le vitriol de l'âme"). Pourtant si Tournier cherche une morale adaptée à la réalité profonde de l'homme, c'est qu'il signifie a contrario que nous vivons avec une morale donc fausse, illusoire : laquelle, sinon celle que notre civilisation nous fait croire bonne ?

  • L'histoire

Il n'est pas question dans un passage si court de faire une comparaison exhaustive entre les deux oeuvres. L'objectif étant avant tout de parler du Robinson de Tournier. Cependant il est assez frappant de noter que sur une base semblable, les divergences sont notables.

La première et la plus importante concerne l'attitude de Robinson chez Tournier et chez Defoe. Chez Defoe, Robinson, échoué sur la grève et se réveillant, se met rapidement à construire un radeau pour débarrasser le bateau. En d'autres termes, il a la prescience de son état et un instinct d'adaptation puissant. Au fond, il ne s'abandonne jamais totalement au désespoir d'une part parce qu'il s'appuie sur sa raison, et d'autre part parce qu'il croit en une destinée. Sa vie est régie par l'idée que Dieu organise le monde et qu'au fond il est plus ou moins dans les mains de Dieu et sans doute privilégié par rapport aux autres. Sous cette forme, d'ailleurs, Robinson est un héros au sens traditionnel du terme. Ensuite, le Robinson de Defoe se met à exploiter l'île, à l'administrer : et il en tire non seulement des richesses mais un certain bien-être. Il finit même par s'y trouver mieux qu'avant du fait de son statut de roi de l'île.

Au contraire, Robinson chez Tournier est perdu, son premier souci est de fuir et devant son échec, il tombe en déréliction. Robinson, d'une certaine manière apparaît comme un faible. Pourtant là ne semble pas vraiment le problème. Ce qui importe, c'est l'importance de sa vie intellectuelle et de sa vie psychique. Robinson non seulement pense ses rapports à l'île, ses rapports à la vie, mais il s'analyse en train de penser, il scrute les évolutions de son être mental.

Dès lors apparaît clairement la grande différence -toutes proportions gardées bien-sûr- entre les deux personnages : le Robinson de Defoe est un personnage agissant sur l'île et s'adaptant juste ce qu'il faut pour continuer son oeuvre d'installation dans l'île et d'administration de celle-ci. Alors que chez Tournier, Robinson est l'objet d'une transformation lente mais sûre, transformation interne qui transforme donc l'histoire de Robinson sur son île en un récit initiatique d'une métamorphose.

Toute la question me semble-t-il est de savoir si cette métamorphose merveilleuse situe le roman dans un conte de fée, qui nous donne pour certain quelque chose d'extraordinaire, ou si nous sommes bien dans un roman psychologique et symbolique à la fois. Autrement dit, cette métamorphose est-elle à percevoir comme des avatars fabuleux tous plus incroyables les uns que les autres, ou au contraire comme des phénomènes à décrypter sur le plan symbolique parce qu'ils nous permettent de comprendre le monde et nous délivrent un message, celui d'une ligne de vie. Si tel était le cas, on peut comprendre alors que le Robinson de Tournier soit un grand roman si cela peut signifier quelque chose, en tout cas un roman qui, comme les plus riches, pose le problème de la vie et de notre relation au monde et à nous mêmes.

Déjà en effet, par le titre, Tournier nous incite à comprendre, par la référence aux limbes, que son récit ne vise pas forcément une relation d'aventure dans ce qu'elle pourrait avoir de concrètement vraisemblable. Peu importe le lieu, c'est un ailleurs, la référence au Pacifique ne servant peut-être qu'à situer l'histoire dans la mouvance de celle de Defoe, mais aussi sans doute parce que le pacifique, c'est peut-être tout simplement Robinson: il y a dans pacifique le terme de paix et Robinson finit par être en harmonie avec l'île de Speranza, avec le monde et l'univers solaire. Et c'est cette paix que le Soleil et Spéranza récompensent en lui octroyant un enfant. Mais mieux, le terme de Vendredi, substitué à Robinson nous invite à inverser la relation entre le maître et son domestique sauvage. Si Tournier parle de Vendredi, c'est parce que Robinson s'est dépouillé de son âme de civilisé pour revêtir le pagne du sauvage (et encore !) et que Robinson va sans doute plus loin encore que Vendredi dans sa métamorphose dans la mesure où il était sans doute destiné, par son teint roux, à devenir un être solaire.

Or, quelle est l'aventure morale de Robinson ?

Elle passe d'abord par une forme d'abandon de toute force de réaction. Robinson est éperdu au sens propre du terme. Il a perdu son ressort , sa boussole. Dans son abandon, il cherche des raisons de se raccrocher à la vie et invente tour à tour le travail, l'organisation de la vie, la structuration de la vie en tranches de temps, prenant appui sur les textes bibliques et la morale. D'ailleurs, il est édifiant de voir qu'au fond ses expériences peuvent être erratiques mais qu'elles se trouvent quasiment tout le temps justifiées. Ainsi, lorsqu'il hésite entre la souille et la crypte, et qu'il identifie l'une à Lucy sa soeur et l'autre à sa mère sa seule justification réside dans le caractère plus tendre donc plus dangereux de Lucy. En d'autres termes; Robinson est un individu rigide à la fois par le milieu empreint de religion chrétienne dans lequel il vit et à la fois parce que ce milieu joue comme des rails qui le portent et le conduisent. Mais vers quoi est-il conduit ? Il est conduit vers une activité qui consiste à tenter de s'accaparer le monde, et à refuser d'accepter ce qu'il est au nom de valeur quasiment inhumaines puisque ce sont des valeurs mises en place par Dieu. La religion chrétienne est déjà une religion austère, mais celle des quakers l'est encore plus. Mais cette austérité , ces commandements, que l'on retrouve dans le père exilé du monde dans sa boutique et de sa femme autoritaire, sont tout le contraire d'une ouverture à la vie.

Il faut donc que Robinson se dépouille progressivement de ses peaux successives, c'est-à-dire des expériences successives qu'il a faites depuis l'enfance. Il doit progressivement abandonner ce qu'il était. On peut ainsi s'apercevoir qu'en évoquant son père, sa mère, Lucy, il semble appeler tour à tour parents et soeurs pour les faire ressurgir de son subconscient, et , une fois ramenés à la conscience, les oublier. Au fond, la psychanalyse n'est rien d'autre. Ligoté par son éducation , Robinson doit se libérer de son éducation.

Si on y prend garde, père faible, confiné dans l'obscurité, mère autoritaire -et donc sans doute castratrice-, image obsédante de la soeur qui l'entraîne dans l'eau au point de risquer de couler ou de sombrer dans la folie, ces images sont édifiantes. tourbillonnent ici l'image d'une soeur vers laquelle on est peut-être attirée mais que l'on sait repousser, refouler. De même, la tendresse semble coupable au profit de l'autorité , n'est-ce pas contre ses tendances naturelles que Robinson lutte ?

Parole des Evangiles, dieu castrateur lui aussi, exigeant une obéissance absolue sous peine de sanction, toute cette dimension réitérée dans la première partie de l'oeuvre disons jusqu'au chapitre VII [à vérifier], n'est-ce pas en réalité comme une vision du monde réducteur, qui étiole l'individu en l'empêchant de s'épanouir. La mort de Lucy devrait d'ailleurs nous interpeller : pourquoi est-elle morte adolescente ? Avant de devenir femme ...Que penser aussi de cette image que Robinson donne de son passé, "ce mort vernissé comme un sarcophage qui m'appelle avec tant de séduisante tendresse": un sarcophage, une momie, ce sont des emprisonnements (qu'on songe aux bandelettes). Comment ne pas noter que son père est prisonnier du passé lui-même ? "Le présent ne valait que comme source de souvenir" dit Robinson de lui (p.39), son père d'ailleurs est coincé entre le passé et l'éternité abolissant donc le temps et particulièrement le temps présent. Robinson va donc se débarrasser de ces exemples sur lesquels d'ailleurs il ne reviendra pas dans la deuxième partie du livre, une fois qu'il aura abandonné l'exploitation rationnelle de l'île.

La vie de Robinson sur Speranza est donc d'abord une vie d'exploration. Et ce n'est sans doute pas seulement l'île qu'il explore, mais lui. Lorsqu'il explique sa vision manichéenne de la souille et de la grotte, il utilise l'image de Dieu et de Lucifer parce que le monde reste marqué pour lui par le bien et le mal, le mal étant la soeur et le bien la mère. Pourtant, à épuiser sexuellement Speranza, Robinson nous laisse un message. La sexualité de Robinson , nourrisson, recommençant à vivre, est une sexualité qui oscille sans doute entre la soeur et la mère. Régression ? Peut-être, mais régression nécessaire pour dépouiller Robinson des habits de son âme. Mais aussi, dans le temps présent de Speranza, recherche de sa sexualité. Or, s'il élimine instinctivement la figure de Lucy, il finit aussi par s'apercevoir que sa sexualité avec la mère est condamnée parce qu'elle est stérile (on le sait bien, la reproduction à l'interieur d'un même groupe d'individus est source de tares et de dégénerescence.).Elle doit donc être abandonnée. Reste dès lors, sous la pulsion sexuelle, à explorer l'île sous ses aspects végétaux comme un succédané de femme . Une telle sexualité est condamnée elle aussi, le sexe de Robinson étant piqué à son tour et produisant un fruit, une mandarine. Il restera la combe qui elle donnera lieu à l'éclosion de mandragores, ces filles que la terre lui donne. Le problème, c'est que la combe est infidèle et qu'elle se donnera aussi à Vendredi qui , imitant le maître dans la combe produira des filles mulâtresses, des mandragores blanches et noires, dégoûtant Robinson de continuer à s'accoupler à Speranza.

L'intérêt symbolique de tout cela est assez vite perceptible si on saute d'un coup à la fin du roman : à sa deuxième partie, puis à sa fin.

Vendredi quittera Speranza pour s'embarquer sur le bateau qui avait accosté : il disparaît donc. Mais sa disparition est compensée par un fils. Speranza/Vendredi , filles/fils , terre/soleil, on voit bien que d'une part les deux poles féminin-masculin du monde sont symbolisés tout au long de l'histoire de Robinson. Mais, si l'amour est sans doute difficile à stabiliser, il semble qu'il apporte plus de satisfactions entre hommes qu'entre homme et femme. On pourrait d'ailleurs rapprocher le couple Robinson-Lucy du couple Robinson-Vendredi. Le premier est morbide, c'est la souille (la bien nommée), le second, c'est la gemellité, une sorte d'égalité, d'équilibre entre les sexes. C'est sans doute d'ailleurs cette gemellité qui débouchera sur le cadeau de l'enfant, le mousse.Il est symptomatique que ce dernier soit ramené par Robinson de l'alvéole qui symbolise en quelque sorte la maternité de Speranza, comme si cette enfant était issu de la terre. Mais n'a-t-il pas été donné à Robinson pour le consoler de la perte de Vendredi. Or, si Robinson baptise le mousse Jeudi, jour de Jupiter, n'est-ce pas pour se consoler de la perte non pas de Vendredi mais de Vénus que symbolise Vendredi ?

Ainsi, derrière un foisonnement confus parce que complexe, Robinson , l'exilé (au sens propre) a découvert Vénus, la déesse de l'amour ,de la chasse et de la féminité. Mais Vénus partie est remplacée par Jeudi, dieu du ciel et dimanche des enfants.

Comment ne pas voir là l'aveu d'un choix définitif (dimanche éternel) assumé parce que donné par les dieux et par la terre mère, de la pédophilie ? Que devient par exemple le mousse dans la chanson évoquant ce petit navire qui n'avait jamais navigué et qui finit par aboutir au mousse que l'on dévore ? L'acte de manger la chair n'est-il pas une façon d'assimiler en soi celui que l'on aime ? Et n'est-ce pas à une sorte de triomphe que nous sommes conviés dans une gloire solaire, cité du dieu (enfant), symbole de vénération donc, mais libéré (le jeudi est "le dimanche des enfants", tandis que le dimanche pour l'homme est le jour où la clepsydre s'arrête et où le temps est suspendu) dans une dimension éternelle.

  

La solitude . Ch. 2 page 30

L'élan de gaieté puérile qui avait emporté Robinson était tombé en même temps que se dissipait l'espèce d'ébriété où l'entretenait son travail forcené. Il se sentait sombrer dans un abîme de déréliction, nu et seul, dans ce paysage d'Apocalypse, avec pour toute société deux cadavres pourrissant sur le pont d'une épave. Il ne devait comprendre que plus tard la portée de cette expérience de la nudité qu'il faisait pour la première fois. Certes, ni la température ni un sentiment de quelconque pudeur ne l'obligeaient à porter des vêtements de civilisé. Mais si c'était par routine qu'il les avait conservés jusqu'alors, il éprouvait par son désespoir la valeur de cette armure de laine et de lin dont la société humaine l'enveloppait encore un moment auparavant. La nudité est un luxe que seul l'homme chaudement entouré par la multitude de ses semblables peut s'offrir sans danger. Pour Robinson, aussi longtemps qu'il n'aurait pas changé d'âme, c'était une épreuve d'une meurtrière témérité. Dépouillée de ces pauvres hardes - usées, lacérées, maculées, mais issues de plusieurs millénaires de civilisation et imprégnées d'humanité -, sa chair était offerte vulnérable et blanche au rayonnement des éléments bruts. Le vent, les cactus, les pierres et jusqu'à cette lumière impitoyable cernaient, attaquaient et meurtrissaient cette proie sans défense. Robinson se sentit périr. Une créature humaine avait-elle été jamais soumise à une épreuve aussi cruelle ? Pour la première fois depuis le naufrage, des paroles de révolte contre les décrets de la Providence s'échappèrent de ses lèvres. « Seigneur, murmura-t-il, si tu ne t'es pas complètement détourné de ta créature, si tu ne veux pas qu'elle succombe dans les minutes qui viennent sous le poids de la désolation que tu lui imposes, alors, manifeste-toi. Accorde-moi un signe qui atteste ta présence auprès de moi ! » Puis il attendit, les lèvres serrées, semblable au premier homme sous l'Arbre de la Connaissance, quand toute la terre était molle et humide encore après le retrait des eaux. Alors, tandis que le grondement de la pluie redoublait sur les feuillages et que tout semblait vouloir se dissoudre dans la nuée vaporeuse qui montait du sol, il vit se former à l'horizon un arc-en-ciel, c'était comme une auréole presque parfaite, dont seul le segment inférieur disparaissait dans les flots, et qui étalait les sept couleurs du spectre avec une admirable vivacité.

Le passé: une voie sans issue Ch.2 page 39

« Le passé ne valait que comme source de souvenirs, fabrique de passé. Il n'importait de vivre que pour augmenter ce précieux capital de passé. Venait enfin la mort : elle n'était elle-même que le moment attendu de jouir de cette mine d'or accumulée. L'éternité nous était donnée afin de reprendre notre vie en profondeur, plus attentivement, plus intelligemment, plus sensuellement qu'il n'était possible de le faire dans la bousculade du présent.»

  • Philosophie de la vie entièrement tournée vers la négation du présent au profit du passé et dans l'attente de la mort.
  • C'est au fond un carpe diem que développe Tournier en nous faisant comprendre sentir tout ce qu'une telle conception a d'anormal. D'ailleurs, la raison de Robinson finira par vaciller, en peuplant son présent de figures du passé.
  • Par contre, cette plongée dans le passé est aussi un moyen pour Robinson de retrouver le sens des valeurs nécessaires à sa survie.

Thésaurisation Ch. 3 p. 60-61

En retrouvant ce qu'il appelle son moi , Robinson retrouve les réflexes des hommes qui se projette vers l'avenir parce qu'il construise leur vie par anticipation . Cette morale lui permet aussi de comprendre que sa thésaurisation est limitée du fait de sa solitude. En effet, en vendant et non plus simplement en conservant, l'homme social thésaurise le bien et le travail sous la forme de l'argent. Dès lors, il découvre les bienfaits de l'argent et de la vénalité

L'utérus de Spéranza ch. 5 pp.104 :

D'abord allusion au liquide (amyotique ?) : «Il était dans le ventre de Spéranza comme un poisson dans l'eau»

La descente dans ce qui apparaît au fond comme un utérus (c'est au fond le contraire de la sortie de Gargantua de Rabelais, lors de la naissance du roman éponyme):

« Alors il plongea, tête la première, dans le goulot, et cette fois il y glissa lentement mais régulièrement, comme le bol alimentaire dans l'oesophage. Après une chute très douce qui dura quelques instants ou quelques siècles, il se reçut à bout de bras dans une manière de crypte exiguë où il ne pouvait se tenir debout qu'à condition de laisser sa tête dans l'arrivée du boyau. Il se livra à une minutieuse palpation du caveau où il se trouvait.Le sol était dur, lisse étrangement tiède, mais les parois présentaient de surprenantes irrégularités. Il y avait des tétons lapidifiés, des verrues calcaires, des champignons marmoréens, des éponges pétrifiées. Plus loin, la surface de la pierre se couvrait d'un tapis de papilles frisées qui devenaient de plus en plus drues et épaisses à mesure qu'on approchait d'une grosse fleur minérale, une sorte de concrétion de gypse, assez semblable en plus composé aux roses de sable qui se rencontrent dans certains déserts. Il en émanait un parfum humide et ferrugineux, d'une réconfortante acidité, avec une trace d'amertume sucrée évoquant la sève du figuier. Mais ce qui retint Robinson plus que toute autre chose, ce fut un alvéole profond de cinq pieds environ qu'il découvrit dans le coin le plus reculé de la crypte. L'intérieur en était parfaitement poli, mais curieusement tourmenté, comme le fond d'un moule destiné à informer une chose fort complexe. Cette chose, Robinson s'en doutait, c'était son propre corps, et après de nombreux essais, il finit par trouver en effet la position&emdash;recroquevillé sur lui-même, les genoux remontés au menton, les mollets croisés, les mains posées sur les pieds&emdash;qui lui assurait une insertion si exacte dans l'alvéole qu'il oublia les limites de son corps aussitôt qu'il l'eut adoptée.» pp105-106

On notera que cette création de Robinson intervient après la pénétration de la flèche solaire dans la caverne tellurique: et cela révèle à Robinson la marque de son corps. Et il perd alors les limites de ce dernier, devenant tout entier Spéranza en quelque sorte.

Plus loin d'ailleurs Tournier parle de la nature féminine de Spéranza qui «se chargeait de tous les attributs de la maternité»

Commentaire de Zoé Brustel le 2 novembre 2011 à 14:00

Une autre fiche d'exploitation pédagogique sur "Vendredi ou la vie sauvage", proposée par Stéphanie

Objectif : Découvrir les motifs récurrents d’une robinsonnade et être capable d’en reconnaître une.

Points abordés :

grammaire

vocabulaire

orthographe

lecture

écriture

oral

Histoire  des arts

tice

-les déterminants

Le groupe nominal

-l’adjectif et ses degrés

-la fonction sujet

-la conjugaison du présent et du passé composé

 

-Le voc des robinsonnades

 

 

-Ponctuation d’un texte(2)

-accords dans le groupe nominal

-accord de l’adjectif

-accord sujet-verbe

-accord participe passé (1)

 

-GT : extraits de Vendredi ou la vie sauvage, Robinson Crusoé, Le royaume de Kensuké, etc

-Lecture cursive : Le royaume de Kensuké

-raconter un naufrage

-rédiger une lettre pour une bouteille à la mer

-raconter une rencontre

-faire un portrait araucan

 

Présenter sa boîte du naufragé

 

Découvrir le mythe du sauvage

Compétences du socle commun travaillées :

GRAMMAIRE

LEXIQUE

ORTHOGRAPHE

LECTURE

EXPRESSION ECRITE

EXPRESSION ORALE

TICE

 

-Reconnaître et utiliser le groupe nominal, l’adjectif, le déterminant

 -conjuguer et savoir employer  le présent et le passé composé

 

Utiliser la ponctuation : maîtriser les principaux accords : adjectifs, groupe nominal, participe passé

Lire une œuvre intégrale et rendre compte de sa lecture :

L1 : Lire et Comprendre ce qu’on lit

L2 : Repérer des informations dans un texte.

H1 : Lire des œuvres littéraires du patrimoine, les Situer dans le temps, l’espace, les civilisations.

Ecrire une description, un naufrage, une bouteille à la mer :

E2Rédiger un texte bref, cohérent et ponctué, en réponse à une question ou à partir de consignes données

E3 : Ecrire un brouillon, Corriger et Améliorer son texte.

Présenter sa « boîte du naufragé »

D2 : Développer un sujet en public.

D3 : Adapter sa prise de parole à la situation.

Travail sur le mythe du bon sauvage :

I2 : Chercher et Sélectionner l’information demandée.

        Faire preuve d’esprit critique face

© 2014   Créé par Campus FLE.   Sponsorisé par

Signaler un problème  |  Conditions d'utilisation